La falaise de Leucate

Cadre de l’article

Cet article n’aborde pas la partie agricole du plateau, ni l’étang de Salses-Leucate traité dans un autre article. Il est ici question de la falaise calcaire du cap de Leucate et de la dune suspendue de la Plagette. Son examinées successivement les formations (genèse géologique et géomorphologie) puis la flore et la faune. Les données descriptives locales sont issues de la documentation naturaliste de terrain et ont été recoupées ou complétées par des sources scientifiques externes : l’inventaire du Muséum national d’Histoire naturelle (INPN, ZNIEFF), la cartographie et les rapports du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les suivis ornithologiques du Groupe ornithologique du Roussillon (GOR), ainsi que des données botaniques plus récentes.


1. Une falaise calcaire du golfe du Lion

1.1. Sa situation, son statut

Le cap de Leucate se situe à l’extrémité méridionale de l’Aude à proximité de la limite de l’Aude et des Pyrénées-Orientale. C’est un promontoire calcaire d’une soixantaine de mètres (61 m au point haut) au sein d’un littoral largement sableux. La falaise plonge dans la mer sur le bord oriental en se prolongeant au nord jusqu’à La Franqui. Le plateau couvre une superficie de l’ordre de 1200ha dont 305ha inscrits à la ZNIEFF et Natura 2000. Il est classé site inscrit du plateau de Leucate , couvert par une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF de type I, 910011259) et qui est incluse dans un ensemble de type II1.

La falaise et la dune constituent un ensemble géomorphologique remarquable. La roche est un calcaire lacustre et palustre du Pliocène (4 à 3.5Ma), rare sur le littoral Languedocien. D’autre part, on a là un ensemble biologique thermophile, aérohalophile et rupestre remarquables sur cette partie de côte.

1.2. Un climat méditerranéen fortement marqué par le vent

Le climat local est méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, les hivers relativement doux et les précipitations annuelles restent faibles, généralement de l’ordre de 500 à 600 mm. Elles ont une forte irrégularité saisonnière et des épisodes orageux particulièrement intenses à l’automne, provocant une érosion importante. L’ensoleillement atteint environ 2 500 heures par an. L’évaporation annuelle (estimation : 1 500 mm) dépasse largement les précipitations. Les organismes sont soumis à une contrainte hydrique permanente. on comprend mieux le caractère crassulescent et sclérophylle d’une grande partie de la flore.

Les vents

Le facteur déterminant est le vent. Il souffle en moyenne 300 jours par an ( 120 jours dépassent 60 km/h). Les régimes qui dominent sont les vents de secteur nord-ouest (environ 60 % du total) : la Tramontane et le Cers. Ils sont secs, froids et violents, pouvant dépasser 100 km/h en rafales. Ils ont, à l’échelle géologique, remobilisé et hissé les sables de la dune fossile; puis, ils ont façonnée et protégé la dune descendante, la mettant à l’abri de leurs propres reflux. Au printemps ils influencent fortement la trajectoire et l’altitude de vol des migrateurs, ils les rabattent vers l’abri de la falaise. Les vents de secteur sud-est (environ 30 %), Marin et vent d’est sont moins fréquents. Ils lèvent une forte houle et apportent les pluies d’automne. La charge saline des embruns sélectionne, sur la paroi et sur la dune, une flore strictement aérohalophile. Le vent est un facteur commun, il est agent géomorphologique, filtre écologique et régulateur des flux d’oiseaux. Cependant on ne peut pas attribuer au seul vent tous les phénomènes observés. Sur la falaise comme sur la dune, les formes actuelles résultent de l’interaction entre lithologie, gravité, ruissellement, vent, houle, variations du niveau marin et de végétation.


2. Les formations géologiques

2.1. Un socle jurassique recouvert par les formations néogènes

Le substratum profond de Leucate relève de la couverture mésozoïque des Corbières orientales. À sa base , en pied de falaise et dans les combes, les marnes de teinte noires à gris-bleu et les niveaux marno-calcaires du Lias (Jurassique inférieur) affleurent. Ils sont surmontés des calcaires et dolomies du Dogger et du Malm (Jurassique moyen à supérieur). Ces calcaires sont intensément karstifiés et couverts localement d’encroûtements ferrugineux (paléosurfaces de type hard-ground). Ces terrains carbonatés ont été remaniés par une longue histoire de fracturation, d’altération et de karstification.2.

Des séries néogènes reposent sur le socle jurassique, déposées lors des transgressions marines du Miocène. On distingue un Miocène marin molassique à faciès à huîtres, un Miocène marin sableux et marneux, incluant sables et lumachelles du Miocène moyen et observable à l’affleurement sur site. Ces variations du niveau marin sont matérialisées par des dépôts du Tortonien (sables et conglomérats), au cours duquel des basculements tectoniques et une première phase d’incision préparatoire(incision tortonienne) commencent à découper l’édifice3. Le secteur de Leucate conserve ainsi les traces d’une succession d’environnements très différents, depuis les mers néogènes jusqu’aux environnements continentaux qui ont caractérisé le bassin postérieurement à la crise messinienne

Géologie du plateau de Leucate

p2 : pliocène Plaisancien

m2 : miocène Burdigalien

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2.2. La crise messinienne et le remplissage pliocène

La crise de salinité messinienne intervient entre environ 5,96 et 5,33Ma. La restriction des échanges avec l’Atlantique entraîne une très forte baisse du niveau marin et une incision spectaculaire des vallées méditerranéennes. La phase paroxysmale se situe entre 5,60 et 5,46 Ma. A ce niveau de base effondré, les fleuves du pourtour méditerranéen creusent de profonds canyons : c’est l’incision messinienne, événement majeur et paroxysmal de cette période. Elle est matérialisée par une surface d’érosion (la « surface messinienne »). Dans le Roussillon, les cours d’eau creusent profondément les formations antérieures. La remontée du niveau marin au début du Pliocène, lors de la reconnexion de la Méditerranée à l’Atlantique, entraîne l’envahissement des vallées et leur remblaiement progressif.4,15.

Le modèle régional développé notamment par Georges Clauzon met en évidence un important remplissage plio-quaternaire du bassin du Roussillon, avec des dépôts marins puis deltaïques et continentaux. Le BRGM confirme l’existence, dans le secteur de Leucate, de formations pliocènes marines et continentales ainsi que de calcaires lacustres constituant la terrasse qui domine Leucate et La Franqui.

Le rétablissement de la communication océanique ou transgression zancléenne, ouvre le Pliocène . Cette tarnsgression Zancléenne noie les vallées surcreusées et les transforme en rias. La conséquence en est une architecture caractéristique en delta de type Gilbert : à la base, des argiles et sables marins de fond de ria (bottomsets), au-dessus, de puissants lits sableux à graveleux fortement inclinés (foresets, pentés de 20 à 40°), formant un front deltaïque progradant vers le large ; au sommet, par-delà une rupture de pente, des dépôts continentaux (cônes alluviaux, faciès fluviatiles en tresse, marais, puis calcaires lacustres et palustres). Ce remblaiement, d’un volume de l’ordre de 400 km³ pour le seul domaine côtier, s’achève vers 4 Ma et présente un léger pendage vers la mer, hérité de la subsidence zancléenne15. Le modèle de remplissage du Roussillon est bien établi, mais sa corrélation précise avec chaque niveau affleurant à Leucate ne l’est pas toujours..

la roche de la falaise de Leucate appartient à cet ensemble pliocène. C’est un calcaire lacustre et palustre du Pliocène , de la fin du zancléen, blanchâtre, associé à des marnes. D’une vingtaine de mètres d’épaisseur il est faiblement incliné (quelques degrés) vers l’est, riche par endroits de faciès palustres à débris de roseaux, attestant la présence d’anciens plans d’eau douce et de zones marécageuses2,3. Sa mise en place correspond à un environnement continental humide, à faciès lacustres, palustres et marneux. La formation est parfois rapprochée des calcrètes palustres du Pliocène supérieur de la plaine du Roussillon (les « tuïres ») exploitées comme pierre monumentale. Une assimilation qui reste discutée5. Cette lithologie carbonatée explique la couleur claire de la falaise et sa relative homogénéité ainsi que sa sensibilité à la dissolution karstique à l’origine des lapiés criblant la surface du plateau.

Le tableau ci-dessous résume cette succession, du substratum au sommet (voir aussi la figure 1) :

ÂgeFormationNature
Pliocène, vers 4-3.5MaCalcaire lacustre et palustre (« calcaire de Leucate »), ~40 mCalcaires blanchâtres et niveaux marneux , faciès palustres
Pliocène Séries deltaïques (Gilbert) puis continentalesSables, argies et graviers , conglomérats,
MessinienSurface d’érosion/incision Incision fluviatile majeur (discontinuité, lacune)
TortonienSables et conglomératsBasculements tectoniques, première incision
Miocène séries marinesSables, lumachelles, marnes, molasses et faciès à huîtres
Jurassique (Dogger–Malm)Substratum carbonaté et marneuxKarstifiés, paléosurface à hard-ground ferrugineux
Lias (Jurassique inf.)Marnes noires à gris-bleu, marno-calcairesSubstratum, en pied de falaise et dans les combes
Figure 1 — Colonne stratigraphique schématique du cap de Leucate
Figure 1 — Colonne stratigraphique schématique du cap de Leucate

Figure 1. Colonne lithostratigraphique schématique du cap de Leucate. Du substratum liasique au calcaire lacustre du Pliocène moyen de la falaise ; la surface messinienne marque une lacune d’érosion majeure. Schéma original, d’après les données de la carte géologique BRGM et le modèle plio-quaternaire du Roussillon.

2.3. Évolution quaternaire et morphologie de la falaise actuelle


Une phase tectonique ultérieure, à la fin du Pliocène (passage Zancléen–Piacenzien, enbiron 3,6 Ma) et au cours du
Quaternaire, a soulevé ces dépôts pour les porter en promontoire. La position actuelle de ces formations
résulte de l’évolution tectonique et géomorphologique du secteur, suivie de l’incision et de l’érosion du rebord
littoral. La falaise actuelle est une forme d’érosion développée dans une formation continentale ancienne.
Au Quaternaire, les variations du niveau marin liées aux cycles glaciaires et interglaciaires modifient
profondément le littoral : le niveau marin a été beaucoup plus bas durant les périodes glaciaires, tandis que les
phases interglaciaires ont favorisé la remontée de la mer et le remodelage du trait de côte.
La falaise actuelle résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : structure géologique, héritage tectonique,
variations du niveau marin, érosion marine, gravité, ruissellement et altération karstique. Les chutes
ponctuelles de blocs alimentent des éboulis au pied de la paroi, ce qui participe à la dynamique des matériaux
meubles et constitue une protection du pied de la falaise.


Variation du niveau des océans.
Schéma d'après Raynaud - 1993
Variation du niveau des océans.
Schéma d’après Raynaud – 1993

2.4. La dune suspendue de la Plagette

La falaise porte une formation dunaire rare classée « Dunes mobiles du cordon littoral à Ammophila arenaria », la dune suspendue de la Plagette. Sa surface est réduite à environ 0,26 hectare6, mesure environ une quinzaine de mètres de hauteur et une centaine de mètres de longueur. .

Le terme de « dune descendante » décrit surtout sa dynamique actuelle. Le sable provient d’un ancien système dunaire dont le démantèlement a laissé une masse sableuse plaquée sur la pente. Aujourd’hui, la gravité intervient fortement dans la redistribution du sable, tandis que le vent continue de le remobiliser.

Une partie des sables peut être cimentée par des carbonates, donnant localement des niveaux d’éolianite ou de grès dunaire. On différencie cette (éventuelle) lithification locale de la masse sableuse meuble qui constitue la dune actuelle..

cette dune est qualifiée de dune « descendante ». L’origine du sable et de la dune-mère , éolienne se différencie de son fonctionnement actuel . Il est actuellement dominé par les glissements gravitaires. Le sable non fixé glisse progressivement le long de la pente (effet de la pesanteur). Le vent intervient dans leur remobilisation et dans l’érosion de la formation.

Cette formation se situe dans la typologie des dunes de falaise (cliff-top et cliff-front dunes). Elles sont rares car tributaires de conditions géomorphologiques particulières. La dune-mère fossile fait partie du type dune perchée ou de sommet de falaise (cliff-top / perched dune). Elle s’est édifiée lorsque le volume de sable de la plage, exposé par la régression glaciaire, a été soumis au facteur éolien. Son démantèlement donne la forme actuelle, apparentée à une dune descendante de front de falaise (falling ou cliff-front dune). Le sable ayant franchi la crête s’écoule sur le versant sous l’effet du vent et de la gravité. La cimentation partielle des sables carbonatés en grès (grésification observée sur place) correspond au phénomène d’éolianite (grès dunaire). La précipitation de carbonates entre les grains fossilise la dune et lui confère une résistance locale à l’érosion. . Étant Protégée des reflux éoliens du Cers et de la Tramontane, la formation a pu se conserver durant des millénaires.

La flore joue un rôle géomorphologique direct dans la préservation d’une originalité géologique. Cet équilibre est précaire : sous la double pression des facteurs d’érosion éolienne, de ravinement, et anthropiques ( piétinement de la végétation), la dune suspendue a fortement régressé. Elle menace de disparaître, la pente marneuse et la plage gagnant du terrain à ses dépens.

3. La flore


La végétation du cap Leucate présente une organisation en mosaïque plutôt qu’une succession parfaitement régulière de ceintures. Deux facteurs jouent un rôle majeur : l’exposition aux embruns salés et la profondeur du sol. À proximité immédiate de la mer, les contraintes aérodynamiques et salines sont maximales ; vers l’intérieur du plateau, l’épaisseur du sol et la protection contre les embruns est meilleure.

3.1. La ceinture aérohalophile de la falaise


Cette végétation relève de l’habitat d’intérêt communautaire 1240, « Falaises avec végétation des côtes méditerranéennes avec Limonium spp. endémiques », et rattaché à la classe phytosociologique des Crithmo-Limonietea. C’est un habitat à contraintes fortes. Le substrat rocheux est quasiment dépourvu de sol (calcaire ou marne), la sécheresse édaphique, l’exposition est permanente aux embruns salés qui y sont portés par le vent (milieu aérohalophile).

La végétation est herbacée est vivace et souvent crassulescente (tissus charnus, adaptés à la rétention d’eau), ouverte et de faible recouvrement. Cette végétation est caractérisée par la criste marine (Crithmum maritimum) et par plusieurs statices endémiques ou à aire restreinte comme Limonium cuspidatum, Limonium virgatum et Limonium echioides8,1. D’autres taxons du genre, Limonium tremolsii (statice de Tremols, subendémique en limite septentrionale d’aire), sont signalés sur les falaises par la documentation d’urbanisme locale, mais leur présence à Leucate demande confirmation par les référentiels d’inventaire. Ces statices méditerranéens sont différenciées en micro-espèces à répartition souvent très localisée. Le genre Limonium comprend plusieurs lignées à systèmes reproductifs complexes (apomixie, polyploïdie). .

Cette ceinture végétale s’organise en une zonation étroite. Elle est la conséquence de l’intensité des embruns et de l’inclinaison de la paroi. La partie la plus exposée est en surplomb immédiat de la mer (dépot de sel continu), il n’accueille que les espèces les plus halotolérantes qui sont ancrées dans les fissures de la roche ; on parle alors d’un étage adlittoral rupicole.
La végétation est généralement ouverte, basse et souvent charnue. Les feuilles épaisses de certaines espèces permettent de limiter les pertes d’eau. Les fissures et petites vires constituent les principaux emplacements disponibles pour l’enracinement. Elle se mêle, en mosaïque serrée, aux pelouses marneuses à brachypode de Phénicie et aux fourrés halophiles de bas de falaise. Quand la pente s’adoucit et que le sol s’épaissit, le pin d’Alep (Pinus halepensis) gagne du terrain. Les arbres restent en formes naines (effet du vent et des embruns) à l’exemple caractéristique de l’Anse du Paradis .

3.2. Pelouses, rochers, espèces des rebords

Les rebords du plateau et les pelouses sèches sur substrat calcaire et marno-calcaire, constituent un ensemble floristique de valeur patrimoniale exceptionnelle (classement ZNIEFF). La mosaïque de sols squelettiques, de dalles calcaires, de marnes, de garrigues ouvertes et de petites dépressions crée une grande diversité de niches écologiques..

La violette sous-arbustive ou violette arborescente (Viola arborescens L., Violaceae), petit chaméphyte ligneux ouest-méditerranéen est une espèce protégée sur l’ensemble du territoire national et classée « Vulnérable » sur la Liste rouge de la flore de France métropolitaine. Elle est très rare en France, strictement inféodée à la frange littorale, sur sols squelettiques ou sableux calcaires et en milieux très ouverts9. Le cap de Leucate abrite l’une des plus importantes stations françaises. Un bilan stationnel récent y estime la population à plus de 10 000 individus sur environ 80ha.

D’autres raretés méridionales y sont présentes comme l’anthyllide faux-cytise (Anthyllis cytisoides L., Fabaceae), arbuste thermophile ibéro-nord-africain en limite septentrionale d’aire (Cap des Frères)10 ; l’ail des îles (Allium commutatum) au Cap des Trois Frères ; la carotte d’Espagne (Daucus carota subsp. hispanicus) ; la spergulaire à deux étamines (Spergularia diandra). Le site est riche en orchidées dont l’ophrys de Catalogne (Ophrys catalaunica) et l’ophrys miroir (Ophrys ciliata)1. On rencontre des pelouses sèches bupleuvres, germandrée à étamines courtes (Teucrium brachyandrum), euphorbe à tête jaune d’or (Euphorbia flavicoma), scolyme, romulée ramifiée, ce qui en fait un ensemble floristique original.


Ces pelouses s’intègrent avec des garrigues basses à thym (Thymus vulgaris), plus hautes à lentisque (Pistacia lentiscus) et chêne kermès (Quercus coccifera) et d’autres espèces thermophiles sur les substrats marneux. Sur des sols squelettiques secs dominent les pelouses à brachypode rameux (Brachypodium retusum, l’« herbe à mouton »). C’est une pelouse vivace rase riche en plantes annuelles (thérophytes) rattachées aux théro-brachypodaies méditerranéennes. Sur un sol plus profond provenant souvent d’anciennes cultures, se sont installées des pelouses à brachypode de Phénicie (Brachypodium phoenicoides) qui sont plus hautes et ont une tendance nitrophile. Les zones marneuses sont à romarin (Salvia rosmarinus, syn. Rosmarinus officinalis), staehéline douteuse (Staehelina dubia) et grémil (Lithospermum fruticosum). L’ouverture de ces pelouses conditionne la persistance des espèces héliophiles rares.

Cette richesse est en partie entretenue par l’action humaine. Le pâturage ovin est historiquement pratiqué sur le plateau et réimplanté sur sa partie orientale à partir de 2007. Il limite l’embroussaillement des pelouses par la garrigue et la pinède de pin d’Alep et il maintient les milieux ouverts dont dépendent ces espèces héliophiles. Par contre, la déprise pastorale constitue l’une des principales menaces indirectes sur la flore des rebords.

3.3. La flore psammophile de la Plagette

La dune suspendue porte une flore adaptée à un substrat sableux mobile, sec, salé et fortement pentu. C’est un habitat qui se rattache aux dunes mobiles du cordon littoral à Ammophila arenaria (habitat d’intérêt communautaire 2120). C’est le profil d’une végétation herbacée vivace, peu couvrante, et accompagnée de rares arbustes bas, les graminées n’y sont pas dominantes. La formation dunaire de la Plagette étant réduite, on parle plus d’une flore potentielle liée à ce type de dune que d’un relevé strictement localisé.

Le panel caractéristique associe l’oyat (Ammophila arenaria) à des espèces psammophiles typiques : la crucianelle maritime (Crucianella maritima), le panicaut de mer ou chardon bleu (Eryngium maritimum), l’euphorbe des sables (Euphorbia paralias) et le panais épineux (Echinophora spinosa). On a des espèces franchement halophiles, marquant l’imprégnation saline du substrat comme la criste marine, statices, soude épineuse (Salsola kali). Une variante écologique enrichie en halophytes est signalée là où des marnes libèrent (voie hydrique) des chlorures de sodium et de magnésium. Elle est marquée par l’inule fausse-criste (Limbarda crithmoides, anciennement Inula crithmoides) et par la soude ligneuse (Suaeda fruticosa), qui sont des indicateurs d’un substrat marneux salé. Ces deux dernières relèvent davantage des suintements et des bas de falaise que du corps sableux de la dune. D’autres taxons sont signalés dans le secteur, dont des espèces non halophiles (Reseda alba subsp. hookeri) ou des orobanches parasites (Orobanche cernua) et le très rare liseron laineux (Convolvulus lanuginosus) (signalé au voisinage du Phare).


La végétation joue un rôle physique direct dans la stabilisation du sable. Sa régression par piétinement entraîne la déstabilisation de la masse sableuse compromettant la survie de la formation géologique.

4. La faune

4.1. Les oiseaux rupestres

Les parois et les blocs rocheux du cap constituent des sites de repos et de reproduction pour l’avifaune méditerranéenne. le cormoran huppé de Méditerranée, ou cormoran de Desmarest (Phalacrocorax aristotelis desmarestii), sous-espèce endémique du bassin méditerranéen, en est un élément notable. Il diffère de la sous-espèce atlantique par une taille plus petite, un bec plus long et une huppe plus courte11. Il niche sur les îlots rocheux et les falaises littorales. Sa saison de reproduction est généralement hivernale. Il affectionne les corniches abritées du vent. Au cap Leucate, ses effectifs sont estimés entre quelques individus et quelques dizaines. Ils fréquentent l’ensemble des falaises et du bord de mer, surtout en période estivale. Les jeunes de l’année, après la reproduction, exploitent ce secteur. La conservation de cette sous-espèce fait l’objet d’un suivi attentif en Méditerranée française (aires protégées insulaires)11.

Le cormoran huppé de Méditerranée est une espèce strictement inféodée aux eaux côtières rocheuses. C’est un oiseau plongeur qui recherche des poissons benthiques, au ras du fond, et a besoin des reposoirs sur rochers et corniches pour sécher un plumage peu imperméable. Il fréquente les parois pour la nidation. Étant relativement sédentaire, sa dépendance à des sites de nidification précis le rendent vulnérable au dérangement ; en Méditerranée française, l’essentiel des effectifs se concentre sur quelques archipels protégés (Hyères, côte de Provence, Corse). Les stations continentales comme Leucate ont une valeur de témoin de l’aire de répartition11. Cette portion de côte relève du Parc naturel marin du Golfe du Lion ( 2011), il s’agit d’une aire marine. Son périmètre s’étend du cap Leucate à la frontière espagnole et il assure le suivi de cette sous-espèce d’intérêt patrimonial méditerranéen17.

La falaise accueille le grand-duc d’Europe (Bubo bubo). Il installe son aire sur un replat rocheux de la paroi et chasse (nocturne) dans les milieux ouverts du plateau et sur les escarpements . C’est un prédateur au sommet de la chaîne trophique locale. Il consomme mammifères et oiseaux de petite et moyenne taille. Sa présence dépend de la disponibilité de sites tranquilles pour la reproduction et de milieux ouverts pour la chasse.

4.2. Le cap Leucate, site de migration

La falaise de Leucate est surtout un haut lieu de la migration prénuptiale des oiseaux. Sa position géographique et ses conditions aérologiques favorisent la concentration des oiseaux migrateurs dans ce secteur. Au printemps, par vent de Cers (flux de nord-ouest soutenu, 60 à 90 km/h), les migrateurs, rapaces et passereaux, sont « poussés » vers le littoral. Ils se concentrent sous la falaise de Leucate, seul abri de la côte, avant de franchir le plateau à basse altitude en direction de leurs sites de nidification (du nord de la France à la Pologne).

Les missions de comptage

Ces migrations sont suivies par le Groupe ornithologique du Roussillon (GOR). Au cours de la campagne prénuptiale de 2024 (du 11 février au 23 mai), l’effort étant concentré sur la deuxième quinzaine de mai, 149 observateurs avec 610 heures d’observation, ont dénombré 415 255 oiseaux de 138 espèces12. Parmi les effectifs figurent le martinet noir (199 747 individus, pic journalier de près de 29 000), l’étourneau sansonnet (33 968), la bergeronnette printanière (20 769), le loriot d’Europe (179), la cigogne noire (16) et la sterne Hansel (119)12. Ces totaux sont les oiseaux effectivement contactés pendant le protocole, sur des journées favorables sélectionnées, toutes les fenêtres propices n’ayant pas été couvertes; le suivi n’était pas quotidien et était hétérogène. Prenant en compte cette réserve, ces chiffres donnent la mesure du rôle de la falaise comme site de concentration remarquable des passages migratoires prénuptiaux.

Position clef du site

L’intérêt du site tient à l’union d’une contrainte physique et d’un comportement. D’une part la contrainte de la mer. Au printemps prénuptial, les migrateurs remontent d’Afrique et d’Espagne et longent la côte du golfe du Lion. Ils sont déportés vers le littoral et la mer par le flux Nord-Ouest et contraints de voler plus bas. Ils se groupent au dernier abri terrestre, la falaise de Leucate. Elle agit comme un entonnoir. D’autre part le comportement. Il y a la nécessité de haltes migratoires pour de nombreuses espèces, surtout les passereaux insectivores, qui doivent reconstituer leurs réserves énergétiques régulièrement. Ces facteurs font des pelouses, garrigues et lisières du plateau une escale d’alimentation aussi nécessaire que le couloir de vol lui-même.

Le suivi standardisé de ces flux sont menés sur la même station d’observation d’année en année. Ils sont versés dans la base nationale migracion.net . Leucate constitue un observatoire de long terme qui permet d’étudier les variations d’abondance et de phénologie; il permet le suivi du déclin d’espèces comme le martinet à ventre blanc ou la linotte mélodieuse.

Leucate est un des points de référence pour la migration prénuptiale (de printemps), avec des postes comme le cap Béar ou la région de Gruissan (rocher de Conilhac). Il est complémentaire des grands cols pyrénéens observant la migration postnuptiale (d’automne), comme Organbidexka (Pays basque)grand passage des rapaces et des pigeons. La singularité de Leucate tient à la combinaison falaise et abri en bout de plaine littorale, une exposition au vent de nord-ouest canalisant les flux. les ornithologues du GOR le qualifient de site européen majeur pour l’analyse des flux printaniers12.

4.3. Passereaux des milieux ouverts

Les pelouses sèches, garrigues basses et rebords de falaise hébergent un ensemble de passereaux nicheurs à forte affinité méridionale. Plusieurs sont déterminants pour la ZNIEFF : la fauvette à lunettes (Sylvia conspicillata), le traquet oreillard (Oenanthe hispanica), la pie-grièche à tête rousse (Lanius senator) et le bruant ortolan (Emberiza hortulana)1. Le pipit rousseline, est un hôte des pelouses à brachypode, il y niche au pied d’une touffe d’herbe. L’alouette calandrelle et l’alouette lulu, sont inféodées aux milieux ouverts à végétation rase. Il en est de même pour l’engoulevent d’Europe, un oiseau crépusculaire des lisières de chênaie verte. Tous dépendent étroitement du maintien des milieux herbacés ouverts, et de fait, de la maîtrise de l’embroussaillement.

4.4. Chiroptères

La falaise abrite le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), l’une des plus grandes chauves-souris d’Europe (envergure de 40 à 45 cm, comparable à celle de la grande noctule)13. Elle est étroitement liée aux milieux rocheux et aux fissures des falaises ou elle gîte. Son anatomie est caractéristique de cette adaptation : les pieds sont couverts de longues soies rigides, le pouce est muni de petites pelotes rugueuses qui facilitent l’accrochage à la roche. Son écholocation est à basse fréquence (pic d’énergie de 9,5 à 14 kHz) et il est en partie audible par l’oreille humaine (fait exceptionnel chez les chauves-souris européennes). Il est adapté à la chasse en vol rapide et haut, il capture principalement des lépidoptères nocturnes et des insectes en essaimage (coléoptères, névroptères). Son rythme d’activité ne connaît qu’une seule période de chasse par nuit, s’envolant juste avant la nuit noire, avec un maximum d’activité environ trois heures après le coucher du soleil. Il n’hiberne pas véritablement mais traverse de courtes phases d’inactivité léthargique. Il peut former, en période de reproduction, des colonies de plusieurs centaines d’individus. Sa longévité est notable allant jusqu’à treize ans. Ces données sont celles de l’espèce en général et non attribuables spécifiquement à celles de Leucate.

Le Molosse de Cestoni bénéficie du Plan national d’actions en faveur des chiroptères ; la falaise criblées de fissures et de diaclases, constitue un gîte rupestres de premier ordre13.

4.5. Vertébréss et invertébrés thermophiles

Lacertidés

Le milieu rocheux, chaud et sec du cap favorise une herpétofaune méridionale. Le lézard ocellé (Timon lepidus), le plus grand lézard d’Europe est en fort déclin national. Il trouve là les milieux ouverts, ensoleillés et pierreux qui lui conviennent1. Deux psammodromes, le psammodrome algire (Psammodromus algirus) et le psammodrome hispanique (Psammodromus hispanicus), petits lézards ibériques des garrigues et milieux sableux y sont présents.


Ces reptiles ont en commun leur dépendance à une mosaïque de zones ouvertes, de pierres (thermorégulation), de sol nu et de végétation basse. La fermeture des pelouses leur est défavorable. Le maintien des milieux ouverts constitue un enjeu transversal qui est commun à presque tous les compartiments de la biodiversité du site.

Entomofaune

Elle reste moins bien documentée que la flore et l’avifaune. Elle comprend plusieurs espèces adaptées aux substrats secs et chauds. L’œdipode occitan (Oedipoda charpentieri), est un criquet géophile mimétique des sols pierreux. Il a fait l’objet de prospections récentes qui ont confirmé sa présence relativement rare. Le ténébrionide Elenophorus collaris est une espèce troglophile fréquentant les cavités et les anfractuosités. L’Heliopathes littoralis est un coléoptère des sables. La proserpine (Zerynthia rumina) est un papillon patrimonial protégé; sa chenille se développe strictement sur les aristoloches. La dune et les suintements de bas de falaise maintiennent des odonates comme le leste Lestes barbarus.

La connaissance batrachologique reste lacunaire sur le site. Pour les espèces rares ou très localisées, on ne peut pas les présenter comme des éléments établis, les dernières données doivent être prises en compte.

5. Leucate, une enclave thermophile à affinités ouest-méditerranéennes


La position géographique de Leucate lui confère une forte originalité biogéographique. Beaucoup des espèces citées atteignent à Leucate leur aire limite septentrionale. Le cap Leucate peut s’observer comme un avant-poste de la biodiversité ouest-méditerranéenne, présent à son extrémité nord par la conjonction d’un substrat calcaire chaud, d’une sécheresse marquée et de l’exposition maximale à la lumière et au sel.

Pour la flore

La flore comprend plusieurs espèces ouest-méditerranéennes dont les populations françaises sont particulièrement localisées. La violette sous-arbustive (Viola arborescens), le taxon ouest-méditerranéen (Espagne, Baléares, Sardaigne, Maghreb), n’est en France que par cette frange littorale9 ; l’anthyllide faux-cytise (Anthyllis cytisoides), l’ail des îles (Allium commutatum), la carotte d’Espagne (Daucus carota subsp. hispanicus), le statice de Tremols prolongent la même observation. Leucate présente une position biogéographique marginale ou septentrionale pour certaines espèces.

Pour la faune

La faune présente la même convergence. Les deux psammodromes (Psammodromus algirus, P. hispanicus) sont des lézards ibéro-maghrébins ; le lézard ocellé (Timon lepidus) est un élément ouest-méditerranéen, le Molosse de Cestoni est une chauve-souris circum-méditerranéenne. Pour les oiseaux nicheurs, le traquet oreillard (Oenanthe hispanica) et la fauvette à lunettes (Sylvia conspicillata) sont parmi les passereaux typiquement méridionaux de l’avifaune française et en limite d’aire sur ce littoral1.

Leucate est riche et stratégiquement placé à l’interface de deux ensembles biotiques. Leucate concentre des populations marginales dont le maintien engage, sur le territoire national, tout un cortège ibéro-méditerranéen.

6. Statuts de protection, enjeux de conservation

Le Plateau de Leucate bénéficie de plusieurs niveaux de reconnaissance et de protection.

La ZNIEFF de type I « Plateau de Leucate » couvre 305 ha et porte l’identifiant national 910011259. Elle est incluse dans la ZNIEFF de type II « Plateau de Leucate », identifiant 910011258. Le plateau et la falaise appartiennent également au site inscrit du Plateau de Leucate, institué en 1986.

Le réseau Natura 2000 comprend deux sites portant le même nom :

  • FR9101442, au titre de la directive « Habitats » ;
  • FR9112030, au titre de la directive « Oiseaux ».

Le site FR9101442 couvre environ 303 ha et comprend notamment l’habitat 1240 des falaises méditerranéennes à Limonium et l’habitat 2120 des dunes mobiles à Ammophila arenaria. La dune de la Plagette représente environ 0,26 ha dans ce dispositif.

Le DOCOB Natura 2000 du Plateau de Leucate a été approuvé puis mis à jour ; l’animateur du site est le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée.

La partie maritime est, quant à elle, incluse dans le Parc naturel marin du golfe du Lion, créé en 2011. Il commence sur la commune de Leucate et s’étend jusqu’à Cerbère, sur plus de 100 km de côte et environ 4 010 km² de domaine marin, c’est une protection du milieu marin et non d’un statut terrestre de la falaise.

Les menaces

Les principales menaces terrestres sont de plusieurs ordres :

  • l’érosion et le ravinement ;
  • la régression de la dune suspendue ;
  • le piétinement et la fréquentation non canalisée ;
  • la fermeture des pelouses par les ligneux ;
  • la régression de certains habitats ouverts ;
  • le dérangement de l’avifaune pendant les périodes sensibles.

Le DOCOB souligne notamment l’importance de la fréquentation du bord de falaise et les dégradations liées à une fréquentation insuffisamment canalisée.

A bannir : la mode consternante d’édifier des « Cairns »


7. Conclusion

Le cap de Leucate rassemble, sur un espace restreint, une remarquable succession de témoins géologiques et biologiques.

La falaise est constituée de calcaires lacustres et palustres pliocènes (âge est estimé autour de 4 à 3,5 millions d’années). Ces formations s’inscrivent dans l’histoire du bassin du Roussillon, marquée par la crise messinienne, l’incision des vallées puis leur remblaiement au Pliocène.

La dune suspendue de la Plagette constitue le vestige rare d’un ancien système dunaire lié aux bas niveaux marins de la dernière glaciation. Sa très faible superficie actuelle et sa sensibilité au piétinement en font un élément particulièrement fragile du patrimoine géomorphologique.

Sur ce support minéral se développe une grande variété de milieux : la végétation des falaises soumise aux embruns, les pelouses sèches et les garrigues thermophiles sur le plateau, la végétation psammophile sur la dune. Ce sont des habitats favorables à une faune méditerranéenne diversifiée.

La violette arborescente (au moins 10 000 individus) marque l’importance botanique du site.

L’avifaune migratrice constitue elle aussi un élément majeur. Le suivi du GOR a comptabilisé 415 255 oiseaux de 138 espèces en 2024, sur 610 heures d’observation. Bien que ne représentant pas la totalité du passage, ces données confirment l’intérêt exceptionnel du cap leucate pour l’étude de la migration printanière.

Sa conservation dépend d’une gestion fine, préconisée et sans doute non appliquée, des usages


Glossaire

Aérohalophile : se dit d’un organisme (ou d’un milieu) adapté aux embruns salés portés par le vent, sans être nécessairement immergé.

Aeolianite (ou éolianite) : grès dunaire résultant de la cimentation des sables d’une dune par des carbonates, fréquent sur les littoraux calcaires.

Apomixie : reproduction produisant des graines sans fécondation, donnant une descendance génétiquement identique à la plante mère.

Chaméphyte : plante vivace dont les bourgeons de renouvellement se situent près du sol (arbrisseaux nains, sous-arbrisseaux).

Crassulescent : à tissus charnus et gorgés d’eau (adaptation à la sécheresse).

Delta de Gilbert : delta à fort pendage édifié dans une masse d’eau profonde, à structure en bottomsets (base), foresets (front incliné) et topsets (sommet).

Halophyte : plante adaptée aux sols salés (dont elle tolère, voire exige, la salinité).

Incision (surface) messinienne : réseau de vallées et la surface d’érosion creusés par les fleuves lors de l’abaissement extrême du niveau marin pendant la crise messinienne.

Karstification : ensemble des processus de dissolution des roches carbonatées par les eaux, créant lapiés, fissures, cavités.

Lapiés : rigoles et cannelures ciselées par le ruissellement sur une surface calcaire nue.

Palustre / lacustre : relatif à un marais (palustre) ou à un lac (lacustre) ; qualifie ici des calcaires d’eau douce.

Psammophile : qui vit sur les sables (organismes des dunes et sols sableux).

Ria : ancienne vallée fluviale ennoyée par la remontée du niveau marin.

Thérophyte : plante annuelle passant la saison défavorable à l’état de graine.

Sources documentaires et références

Base documentaire de terrain. La trame descriptive de cette synthèse s’appuie sur deux documents naturalistes locaux : une note de synthèse sur la Formation du plateau de Leucate (géologie, habitats, espèces) et le Bilan écologique et diagnostic des zones humides autour de l’étang de Salses-Leucate (BRL ingénierie & LPO Aude), dont seuls les développements relatifs à la falaise et à la dune ont été retenus. Ces données ont été recoupées et complétées par les sources scientifiques externes citées ci-dessous.

Nomenclature. Sauf mention contraire, les noms scientifiques suivent le référentiel national TaxRef (INPN, Muséum national d’Histoire naturelle) ; les synonymes usuels antérieurs sont indiqués entre parenthèses lorsqu’ils facilitent la lecture.

Notes et sources

  1. INPN / DREAL Occitanie, ZNIEFF de
    type I n° 910011259 « Plateau de Leucate »
    (305 ha) et ZNIEFF de
    type II associée — Inventaire national du patrimoine naturel, Muséum
    national d’Histoire naturelle. Fiche et liste des espèces déterminantes
    : https://www.picto-occitanie.fr/DOC/NATURE_PAYSAGE_BIODIVERSITE/ZNIEFF/znieff_1128-1014.pdf

  2. BRGM, Carte géologique de la France
    à 1/50 000, feuille de Leucate (1079)
    et sa notice — Bureau de
    recherches géologiques et minières. http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/1079N.pdf

  3. AUNAY B. & LE STRAT P. (2002),
    Étang de Salses-Leucate : contexte géologique et implications
    hydrogéologiques sur les écoulements souterrains
    — Rapport BRGM
    (schéma synthétique de l’évolution Miocène–Pliocène de la coupe de
    Leucate).

  4. Sur la crise de salinité messinienne
    (env. 5,96–5,33 Ma), l’incision messinienne et le remblaiement pliocène
    (Zancléen) des rias du Roussillon, voir les travaux de référence de G.
    CLAUZON et al. sur la marge du golfe du Lion et la plaine du
    Roussillon.

  5. BRGM, Les calcrètes palustres («
    tuïres ») du Pliocène supérieur de la plaine du Roussillon
    — revue
    Géologie de la France, BRGM. https://geolfrance.brgm.fr/ (calcaires lacustres et
    palustres du Pliocène supérieur du Roussillon).

  6. La dune suspendue est mentionnée comme
    formation remarquable dans la fiche ZNIEFF « Plateau de Leucate » (voir
    note 1), qui la décrit comme « préservée par la végétation contre
    l’érosion éolienne ».

  7. INPN, Habitat d’intérêt
    communautaire 1240 — Falaises avec végétation des côtes méditerranéennes
    avec
    Limonium spp. endémiques (classe des
    Crithmo-Limonietea) — Cahiers d’habitats Natura 2000, Muséum national
    d’Histoire naturelle. https://inpn.mnhn.fr/habitat/cd_hab/2657

  8. Société botanique d’Occitanie, Sur
    la végétation aérohalophile à
    Crithmum maritimum, essai de
    synthèse
    . https://sbocc.fr/publication/sur-la-vegetation-aerohalophile-a-crithmum-maritimum-essai-de-synthese/

  9. INPN, fiche Viola arborescens
    L., 1753 (Violaceae), cd_nom 129500 : protection nationale, Liste rouge
    « Vulnérable », espèce ouest-méditerranéenne très rare en France,
    littorale. Muséum national d’Histoire naturelle. https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/129500

  10. Conservatoire botanique national
    méditerranéen de Porquerolles, atlas de la flore de l’Aude, fiche
    Anthyllis cytisoides L. http://atlas11.cbnmed.fr/src/atlas/atlas11-fiche.php?cd_ref=82972

  11. INPN, fiche Phalacrocorax
    aristotelis desmarestii
    (Payraudeau, 1826) — Cormoran huppé de
    Méditerranée / Cormoran de Desmarest, cd_nom 2452. Voir aussi Parc
    national de Port-Cros, Statut du cormoran huppé de Méditerranée sur
    les îles d’Hyères
    (rapport scientifique). https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/2452 ; https://www.portcros-parcnational.fr/

  12. Groupe ornithologique du Roussillon
    (GOR), Bilan de la migration prénuptiale 2024 à Leucate (17–23
    mai 2024 ; 610 h ; 415 255 oiseaux, 138 espèces). https://www.gor66.fr/post/bilan-de-la-migration-prénuptiale-2024-à-leucate
    ; suivis pluriannuels sur https://www.migraction.net

  13. INPN, fiche Tadarida teniotis
    (Rafinesque, 1814) — Molosse de Cestoni, cd_nom 60557 ; Plan national
    d’actions en faveur des chiroptères. https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/60557 ; https://plan-actions-chiropteres.fr/

  14. Réseau Natura 2000, zone spéciale de
    conservation « Plateau de Leucate », code FR9101442 (désignée
    par l’arrêté du 1er avril 2016 ; habitats d’intérêt communautaire 1240 «
    Falaises méditerranéennes à Limonium » et 2120 « Dunes mobiles
    à Ammophila »), doublée de la zone de protection spéciale
    FR9112030 au titre de la directive « Oiseaux ». INPN : https://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR9101442

  15. Sur le modèle géologique du bassin du
    Roussillon (crise messinienne, surface d’érosion, remblaiement zancléen
    en deltas de type Gilbert, âges et volumes), voir les travaux de G.
    CLAUZON, P. LE STRAT, C. DUVAIL, J.-P. SUC et collaborateurs — synthèse
    The Roussillon Basin (S. France): a case-study to distinguish local
    and regional events between 6 and 3 Ma
    (Ifremer/Archimer) ; BRGM,
    Atlas géologique des formations plio-quaternaires de la plaine du
    Roussillon
    (rapport RP-51197-FR). https://archimer.ifremer.fr/doc/00639/75124/ ; http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-51197-FR.pdf

  16. Sur la typologie des dunes de falaise
    (cliff-top / perched dune, climbing dune, falling
    / cliff-front dune
    , echo dune) et sur l’éolianite (grès
    dunaire), voir les notices de synthèse géomorphologique : Cliff-top
    dune
    et Eolianite (encyclopédies de géomorphologie
    littorale). https://en.wikipedia.org/wiki/Cliff-top_dune ; https://en.wikipedia.org/wiki/Eolianite

  17. Parc naturel marin du Golfe du Lion
    (créé en 2011, du cap Leucate à la frontière espagnole), fiche
    Cormoran huppé de Méditerranée. https://parc-marin-golfe-lion.fr/editorial/cormoran-huppe

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