Les Corbières, massif compris entre le cours de l’Aude à l’ouest, la Méditerranée à l’est, l’axe Narbonne–Carcassonne au nord et la vallée de l’Agly au sud, constituent l’une des régions les plus complexes du domaine pyrénéen. Elles occupent la charnière — la virgation des Corbières — où la chaîne infléchit sa direction de E-W à NE-SW, par rotation antihoraire des structures, en approchant du Golfe du Lion. Cette synthèse propose une lecture du territoire découpée en sept zones caractéristiques : le socle paléozoïque du massif de Mouthoumet, l’avant-pays septentrional (Haut de Carcassonne, Montagne d’Alaric), les Corbières centrales de Boutenac-Fontfroide, la Nappe des Corbières orientales, les Hautes-Corbières méridionales et le front nord-pyrénéen (Fenouillèdes, Bugarach, massif de l’Agly), le massif littoral de la Clape, enfin la plaine narbonnaise et le littoral lagunaire de Leucate. À travers ces zones se lit une histoire de près de 500 millions d’années : orogenèse varisque, semelle salifère du Trias, plateformes carbonatées jurassico-crétacées, rifting albien et métamorphisme de haute température, inversion pyrénéenne, puis ouverture cénozoïque du Golfe du Lion. On insiste sur le renouvellement récent de l’interprétation — porté notamment par Parizot et al. (2023) —, qui propose de voir dans la tectonique salifère et le glissement gravitaire les clés de structures longtemps attribuées à la seule compression.